27/08/2011

La débine.

Qui toque à la porte de l'atelier.
Discrète.
Puis qui entre et ne veut plus
décarrer.
Alle est là, alle squatte.
Pas de répit, d'éclaircie, d'espoir
que cette pouffe se casse, aille
voir ailleurs si j'y suis.
Que nenni.
Elle s'accroche à moi tel un mor-
bac sur une paire de burnes.
Les miennes.
Tu entends, tu lis, tu vois, tous les
foutus jours de la s'maine, du mois,
d'l'année, la misère qui écrabouil-
le le voisin, la voisine, la rue, l'pays,
l'Europe, l'monde.
Et tu t'dis que fatalement ton tour
va se pointer.
Et quand il le fait, t'es tout con.
D'vant c'te grosse tâche de tour.
Plus une thune !
Et quand j'dis une telle énormité
je dois me pincer pour y croire.
Ça arrive !
Ça m'arrive.
Mon mécène préféré se gave un
redressement fiscal de quelques
centaines de milliers d'Euros.
Donc, sa trésorerie fait la gueule
et reste sourdingue à mes appels
à la manche.
Je peux comprendre...
Mon ex galeriste, un Anglais pure
souche exilé volontaire et par un
amour au long cours, en Irlande,
semble aussi, aux abonnés qu'on
dit absents.
Un autre "sponsor" fait dans le gen-
re muet...
Que je tape même pas, mais à qui
j'demande un peu de taf à façon.
Y s'en tape et me répond pas.
Alors chuis dans l'noir complet.
J'viens de cramer mes dernières
thunes pour la bouffe de mon vio-
que Loup qui pue qui pète.
J'ai encore quelques paquets de
pâtes, des lentilles, des pois cas-
sés.
Pis tchao !
J'm'en vais r'joind' la longue, lon-
gue cohorte des crevés.
P'têt' paumer mon atelier, mes
clous ventilés aux quat' vents d'la
dèche.
Ça s'est vu ici, des rapins en fin
d'course, éjectés d'leur soupente,
tout leur petit fourbis de barbouil-
leur balancé su' ltrottoir par les ar-
chers du roi pognon.
Huissiers, commissaires de police
et argouzins zélés.
C'que m'a raconté, souvent, mon
pote Pierre qu'est un peu la mé-
moire de c'te cité de rapinos.
Puf.
Donc j'en suis d'la canaille qu'on
balance dans la gueule du trimard.
Qu'a un appétit féroce d'ogre.
Qui bouffe ses chiards dans le p'tit
Poucet.
M'enfin que j'me dis en mes inté-
rieurs calamiteux, je fais mainte-
nant partie d'une autre bande de
cons.
Pas pire que celle que je viens de
quitter, forcé par mon karma.
Qu'à les guibolles qui flageolent.
La rate qui s'dilate et le foi qu'est
pas droit.
J'avais pas de thunes.
J'en ai plus.
Mais faut dire que la barbouille
fait pas recette à c't'heure.
La crise.
Qu'y disent.
C'est-à-dire la merde que les aven-
tures à la con des banquiers à la
con ont foutu dans le système éco-
nomique international à la con.
Des milliers de milliards que les
états à la con on refilé à ces fou-
tus cons de spéculateurs à la con.
C'est con.
Et nous payons, nous les pauv's
cons, les saloperies de conneries
des riches cons.
Une histoire de cons.
Cons !
Heu...
Une réflexion, d'une portée philo-
sophique inouïe !...
Non !
Ah bon !
Tant pis si ce petit texte ne marque
pas une étape importante de l'his-
toire humaine contemporaine.
J'ai poussé mon couinement.

Ça fait tout connement du bien.
Merci mon blog !
Et j'emmerde le destin !
Alors je peins comme jamais !
Plus chuis dans l'purin, plus j'peins.
Une façon de faire la nique à la
débine.
Qui me trace depuis...
Mais chuis pas l'seul su' l'tapin.
Nous sommes des légions d'rapins.
Le fumier ou l'compost, au choix, su'
lesquels pousseront les génies de
d'main.
Il en faut du purotin pour faire éclore
l'art qui va s'ramener.
Quand çui qu'est en train d'la glisser
aura définitivement cessé d'nous
faire damner.
Chier.
Hein mes camarluches ?!

la débine, rapin, misère, thune, europe, monde


Les crevards du barbouillage, les
enfumés du pictural, les déglingués
d'la pochade et d'l'accrochage...
Ousqu'alles sont les cimaises de la
gloire ?
Encore loin devant.
Trop loin devant ?
Quien sabe.

(propos recueillis tous chauds à la
sortie de la gueule béante d'un ra-
pin en mal de confidences mitées.)

20/03/2010

La sculpture, alle fout l'camp !

La plus belle sculpture, c'est
le Pavé que l'on jette sur la
gueule des flics !


(Slogan de Mai 68).

Et c'est cette "devise" qui
m'a remis dans la caboche
une histoire qui n'veut pas
s'faire la malle, qui squatte
mon encéphale et m'tara-
buste 'ach'té, trop, que si
j'relâche pas l'surplus ed
d'vapeur, je vire derechef
de gare doux dingo.
Dans le meilleur des cas.
Et c'n'est pas un pavé.
Mais on la r'çoit dans la
tronche comme un pav'ton
d'grès.
Plus déchirant qu'le bois.
Des pav'ments d'autrefois.
T'imagines, une terre
bouleversée.
Un corps tordu, cassé, des
os qui saillent, la chaire
crevassée, accablée.
Une griffure dans l'espace.
Une tristesse, un envahi-
ssement de la conscience,
douloureux, un malaise
dont on ne démêle pas la
cause et qui empêche de
se réjouir, de jouir du
spectac' de la vie.
Qui te laisse dans un état
affectif pénible, encalminé.
Qui dure, dure, dure.
Mais dont la beauté tragi-
que abolie le jugement,
aveugle, te ferme aux émo-
tions de la création.
Te mutile.
Une œuvre trop puissante
pour la fragilité de son
créateur.
Qui, une fois sa ronde
bosse achevée s'est replié,
enroulé, terré dans une
tentative désespérée
d'échapper à son image.
De terre, de bronze.
Inaltérable.
Perdu pour la sculpture.
Gagné pour la vie ordi-
aire.
Métro, boulot, dodo.
Dans le rang, une deux,
une deux !
Ô folles semaines soixante-
huitardes, pavés sur la
tronche des condés, rêves
écrabouillés.
Au secours pour elle !
Ce sculpteur(e) renégat.
Qui a trahi ses mains.
Et fait un doigt d'honneur
à Murger.
Au désespoir de ses rapins.
Mais pourquoi t'est-ce donc
que je fais ce raffut ?
Après tout, après rien, des
artistes défroqués, c't'une
engeance qui pullule.
De cafards.
Ouaip, p't'êt' ben, mais j'ai
un gros faib' pour les meufs.
Incompréhensib' pisque
chuis un mec.
Et cette fragilité s'accentue
lorsqu'alles sont artistes.
Non, pas peint's, sauf
Valadon, non pas
photographes, sauf Diane
Arbus
qui s'est faite sauter
trop jeune, déchirée par la
laideur du monde.
Même pas musiciennes
quoique la Callas...
Mais sculpteurs.
Un taf de gros beauf
qu'alles se fadent a'ec un
talent inouïe.
Camille, Rosa, Louise,
Germaine, Niky, Françoise,
Carolo, Odile...

Alors quand une promesse
se ramène dans l'paysage
d'une chieuse qui tripote
l'argile comme une grande,
qu'à l'caractère à chier d'une
grande pis qui, pour d'obs-
cures raisons, balance le blot
aux objets trouvés, y'a com-
me un gros malaise qui
s'installe et s'cramponne en
mes intérieurs dévastés.
La vache !
J'y pardonne pas à la grisette
de s'êt' tirée pour rejoind'
le troupeau d'veaux à la
béchamel qui couine dans
les alentours de l'ordinaire.
T'imagines trimard du woueb
que Brancu, Giaco, Rodin,
Maillol, pis les mignonnes que
j'ai citées y'a peu, se soient
esbignés, aient raccroché
les gants, jeté l'éponge,
pour s'effacer dans le grouille-
ment des boulots ?
Pire que l'Armageddon.
Bien pire.
Qui m'fout en l'air sans
rémission d'mes péchés.
Dans l'cul, chuis bon pour
un sitting chez Lucifer à
r'passer.
Et paraît qu'c'est bouillant.
Merde !
À Vauban !

 

j'veux pas sculpter !405.jpg

 

14/03/2010

L'ombre de ton ombre.

L'amour est cette ombre
parfumée qui ne vous
quitte jamais. Vivre ce lien
comme si l'autre était
l'ombre vivante de soi et
soi l'ombre vivante de l'autre.


Hafid  Aggoune

Qui s'est tirée, un soir.
Je crois.
Plus accueillant aux
agonisants que les
petits matins qui les
cramponnent pour le
dernier convoi drivé
par la Camarde.
Ouais, c'était un soir,
pas un matin.
Un soir.
À la Sorgue.
J't'ai d'mandé, mais
p't'êt' pas, j'sais pas,
j'sais plus...
- Laisse moi d'venir
l'omb' de ton omb',
l'omb'.
Qu'un poète chante.
Chantait.
Mais t'as pas voulu.
Pourtant j'pense pas
que j't'ai chanté l'poème.
P'têt' que j'lai pensé.
Mais t'as dit non !
Non, non, non.
Pourtant d'venir l'omb'
d'une omb'.
J'vois pas l'souci.
Encore ton omb', oui,
c'est la tienne.
Mais l'omb' de ton omb',
c'est plus à toi.
C'est à ton, omb'.
Et j'me d'mande si tu
lui as posé la question
d'savoir si ça lui f'sait
des magnes qu'un mec
soit son omb' ?
À l'omb' de ton omb'.
Twouas ?
Mais bon j'me suis
r'trouvé con, sans ton
omb' et son omb' dans
mon omb'.
Et triste.
Et paumé.
Largué.
Et d'puis j'pose la question
à toutes les omb's des omb's
que j'croise avec mon omb'.
Pour dire.
J'attends pas une réponse.
Je passe.
Je m'cramponne au souv'nir.
Même pas mal !
Non, j'pleure pas !
C'est rien qu'une irritation
qui excite mes glandes
lacrymales.
Un truc d'ophtalmo.
Pas besoin de gouttes.
Un revers de main efface
le mouillé qui balaf' les joues.
Oui, je souris.
Oui, je ris.
Non, j'me roule pas su' la
moquette.
Qu'alle est pourrie.
C'est un  rire contenu.
Bien élevé.
J'me r'tourne vers les
ombres qui s'tirent là-bas,
su' l'trottoir gris.
Et qui s'planquent d'un coup.
Effacées du paysage.
Tiens, chuis arrivé.
J'bois un coup.
À l'omb' de l'omb' de ton omb' !
Comme quand on offre une
tournée au rade.
J'lève mon verre.
Vide.
Pis j'ferme les yeux.
Pis...
J'ai r'trouvé c't'omb'
de dessin.
L'soir ou alle s'est tirée,
l'omb'.
Son omb' collée au train.
J'le r'garde.

l'omb' de son omb' 2403.jpg

30/11/2009

La bouseuse.

Qu'alle est des tréfonds d'une
cambrousse ousque la bouse
n'fait pas tapisserie.
Et où les trous de balles des
ruminants locaux ne font pas
dans la rétention d'caca."
Alors alle fait la tournée des po-
potes pour se ramener d'la ma-
tière première à trifouiller.
Car alle sculpte !
Ouaip, comme j'le dis.
Mais c'qu'il faut qu'j'ajoute,
pour pas faire l'hermétique,
c't'avec le brun des vaches
que c'te meuf fait son p'tit
business d'artisss...
En prem', elle fabrique des
vacheries.
Des p'tites, des grosses, des
assises, des couchées, su' l'vent'
su' l'dos des à genoux, hibou,
caillou, chou, enfin dans toutes
les postures imaginables ou
pas d'une sorte de kâmasûtra
animalier..
Pis des autres bestioles, pis
aussi des humains.
Et pour ces derniers, les associer
dans leur représentation à de
l'excrément animal ne manque pas
de "saveur"...
Surtout d'une des plus communes, des
plus humbles, des plus utilisées aussi.
Pour son lait, sa viande, ses veaux,
sa peau...
Et la publicité d'une crème de fromage
qui rit...
Un paisible ruminant qui ne semble
pas vraiment inspirer l'artiste lambda.
Sauf pour le débiter et l'exposer
comme une œuvre d'art...
Un des pas de l'oie de Damien
Hirst...Qui doit sa célébrité chez les
gros friqués blasés à ce genre
de facétie macabre.
Mais pas d'ça Lisette dans le taf de
not' bouseuse préférée.
Alle aime les bêtes qu'alle modèle.
A'ec les déjections bovines.
Et cela peut se ressentir.
Pis, alle ne surf pas sur la vague
de l'art singulier ou brut.
Que nenni.
Sa facture est classique.
Un travail d'épure.
Délicat, en harmonie avec la
finesse de la texture de son
matériau naturel.
La bouuuuuse !
Pis elle produit tout un discours
Sur la qualité du produit.
Qui varie en couleur suivant les
parcours herbeux, p't'êt' les saisons
et le système digestif des vaches.
La vache !
M'enfin, c't'une belle rencont'.
Une jeune artisss qui s'prend pas
la tronche et qui fait.
Qui rit, qui cause, qui installe dans
son périmètre quelque chose qui
donne de la joie d'vivre.
Pareille que son travail.
Que les parigots têtes de veaux
peuvent se gaver chaque fin de
semaine à la Bastoche le Sam'di
et à Montparnasse le Dimanche.
Pour ses congénères bouseux ou
provinciaux, y'a son site que j'vous
communique vach'té généreusement
à la fin d'ce pensum rural.
J'tez y un œil.
Ou les deux pour êt' plus sûr de
tout comprend'.
Meuuuuuh.

http://www.carolosculpture.fr

 

la vache tris389.jpg


26/11/2009

L'Infante aux pieds nus.

Et si je connais, moi, une fleur unique au monde,
qui n'existe nulle part, sauf dans ma planète,
et qu'un petit mouton peut anéantir d'un seul coup,
comme ça, un matin, sans se rendre compte de
ce qu'il fait, ce n'est pas important ça !  

Antoine de Saint-Exupéry.

Non, j'vais pas te gaver
a'ec un pouême
nazebroque.
Un truc dégoulinant,
du loukoum moisit,
de la glande lacrymale
qui fait la r'tape.
Juste te causer d'une
p'tite môme aux pieds
nus.
Qui r'fusait d'se saboter
les arpions.
D'ces grosses galoches
qui écrasent le peton
délicat d'Ninie.
Non, alle n'est pas blanche
et grasse comme un nid et
pourtant.
Malgré, alle pourrait y r'sembler
à la frangine chantée par Bruant.
Sauf qu'alle fait dans l'verbe
plutôt que l'trottoir.
C'pas une marmite.
Mais alle gazouille, alle
gazouille.
Un Rossignol qui marque
son territoire en sifflant.
Des histoires qui r'semb'
à des embrouilles d'artistes.
Qui maquillent des images
anciennes pour en faire des
neuves.
D'la magie.
Sans paillettes.
Juste des notes ed musique.
Des ré, mi, fa, sol, la, si, do
qui s'égrainent  au vent
d'l'histouère de l'art.
Et qui nous enchantent.
Des Milles et une nuits sans
Camarde au bout d'la sorgue.
Ouaip, c't'une p'tite princesse
aux pieds nus, un exemplaire
unique qui n'porte pas le fer
d'une marque ed fabrique.
Et qui, p'têt', semblab' au p'tit
prince de Saint-Exupéry, va s'en
r'tourner su' sa ch'tite planète
un d'ces matins, un d'ces souèrs,
va savouèr...
Et que j's'rai, qu'on s'ra comme
des pauv's cons à s'crever les
chasses à force de scruter
l'firmament à la r'cherche d'son
pied-à-terre.

À esgourder sans magnes su'
Radio Libertaire, l'émission
Artracaille, la dernière.
En te téléportant su' :
http://artracaille.blogspot.com

 

l'infante385.jpg

30/04/2009

"L'engagement de l'artiste"...

"L'artiste se doit d'être populaire,
engagé et révolutionnaire et surtout pas au service
d'une élite, qui n'a que faire des autres classes
et qui pense détenir le savoir, mais populaire
pour l'émancipation de tout à chacun."


J'ai envie de répondre, sans réfléchir : " Et ta sœur !"
Car, en effet, ce genre de suintement de l'esprit,
mais quel esprit, et en est-ce bien un, ne peut
susciter une réponse intelligente.
Par contre elle provoque chez le lecteur
respectueux de la liberté d'expression,
le sentiment d'un retour extravagant du dogme qui
a présidé à la naissance du "réalisme socialiste"
cher au petit père des peuples qui s'est agité jadis
chez nos camarades de Moscovie.
Aussi bien qu'à la notion "d'art dégénéré" rotée
par les nazis Hitlériens.
Ce genre de pétarade sans signature,
en supplément de mon hebdo préféré, me glace les os.
D'abord, qu'est-ce qu'un artiste populaire ?
Non, plus exactement « un artiste qui se doit
d'être populaire »…
Depuis que les rapins de tous poils se bougent
le prose sur la scène artistique, contemporaine
ou plus ancienne, remontons pourquoi pas
jusqu'aux fresques
rupestres, je n'ai pas ouï ce genre de définition de l'artiste.
Le barbouilleur (peintre), le casseur de pierre
(sculpteur) je ne vais pas vous infliger une revue
du quatorze Juillet de tous ceux qui dansent la
gigue dans le microcosme artistique.
Mais je zappe les musicos et gribouilleurs (écrivains)
et poètes qui peuvent jouir
d'une audience populaire.
Pourquoi, ce n'est pas à moi d'y répondre, mais c'est un fait.
Donc, les prés, précités, plasticiens et praticiens
des arts visuels, n'ont pas joui, jusqu'ici, d'une
once de popularité.
Pourquoi ?
Ils ne sont visibles que dans des lieux fermés
et on doit faire l'effort de se déplacer pour les regarder.
Aucun média populaire et aujourd'hui la télévision,
ne s'intéresse à eux.
Aucune émission et quand il y en a une qui montre
le bout de son pif, c'est à l'heure du couvre-feu.
D'innombrables obstacles empêchent les arts plastiques de plaire.
Et là encore je ne vais pas détailler la chose.

Mais ceci et cela évacués, le "se doit d'être populaire"
reste sur le bord de la route comme un gros tas de fientes.
Comment peut-on "se devoir d'être populaire" ?
Pour un artiste.
Il se met devant le format calé sur son chevalet et
"se doit de faire un travail populaire".
Quels en sont les moyens répertoriés ?
Je suis plasticien avec un certain nombre de miles
au compteur et je n'ai jamais songé à me poser cette
question qui semble, pour son auteur, incontournable.
Suis-je passible pour cela de je ne sais quel opprobre ?
D'une remise à niveau ?
D'un reconditionnement ?
D'une rééducation ?
Que sais-je ?
Pas encore d'un camp d'internement pour déviant
chronique, mais tout à l'heure ?
Quel avenir radieux pour le peintre incapable
de produire un art populaire ?
Je peux en tartiner ainsi un pensum assez conséquent.
"Engagé et révolutionnaire"
La vache !
Encore des remugles d'une époque que je croyais
dans un sarcophage de béton pour en éviter
les radiations mortelles.
Ben non, j'm'a gouré !
Y’'a encore un zozo pour éructer de telles concetés
totalement vidées de leur sens, usées, élimées…
Il ose et pas d'écho.
Il ose et dans le supplément de mon hebdo préféré.
Le seul auquel je sois abonné.
"Et surtout pas au service d'une élite"
Parce que tous les "grands" artistes, ceux qui ont
réussi à imposer leur art, l'on fait au service d'une élite.
Tous des sociaux-traîtres quoi.
La honte du genre humain.
Et les artistes cités en exemple dans cet articulet anonyme,
Dali, Signac, Seurat, Pissaro, Cézanne, Courbet, Kupka…
Échappent aux chants des sirènes de l'élite ?
Ils ont vécu d'amour et de flotte ?
Et on doit s'imprégner, nous "les artistes du vingt et
unième siècle de l'expérience des anciens ?"
De ces anciens ?
Ou de ceux du quattrocento ?
Ou de ceux des grottes d'Altamira ou de Lascaux ?
Tant qu'à nous donner des consignes, il faudrait les affiner.
Je fais l'impasse sur la niaiserie qui suit :"L'élite
qui n'a que faire des autres classes et qui pense
détenir le savoir, parce qu'elle détient l'économie"
Ouf !
Un gros morceau.
Qui se termine par, toujours à propos des consignes
de l'allumeur de réverbère à l'artiste qui se doit d'être populaire :
"Mais populaire pour l'émancipation de tout à chacun…"
Nous flirtons là avec les abysses de la non-pensée.
Comme qui dirait, ma bignole en penseur de Rodin.
Un texte qui va glisser comme le vent du grand-père
sur la toile cirée de la cuisine familiale.
Mais qu'il faut malgré tout sentir pour en dire tout
le mal que l'on peut.
Pour prévenir une inexplicable mutation qui
transformerait le pet en dogme.
Et ainsi permettrait à la bête de foutre son mufle puant
sous les aisselles de la liberté d'expression.

cartoon engage art143.jpg

 

09/03/2009

Y'a des soirs...

T'attends rien, plus rien.
La journée s'est faite la paire.
En laissant su' l'gravier d'ta
tronche les bois flottés
d'souvenirs déjà presque
effacés.
T'es là, l'prose calé dans un
fauteuil, affalé.
Pas encore de bulles au
coin d'la lippe, mais
pas de soucis, alles
vont s'ramener.
Encore quelques années.
Et elles vont t'cramponner.
Un long blabla a'ec une copine.
Puis tu raccroches l'bigo.
Y'avait vers la fin d'l'entretien
des p'tits coups d'drelin dans
l'fond d'l'écouteur.
Pour ça qu't'as raccroché.
Pour voir, tu composes l'numéro
du répondeur.
- Bonsoir c'est...
C'était ça l'zin-zin qu'agaçait
l'tympan.
une voix oubliée qui surfait
su' les ondes.
T'écoutes le message.
Sans vraiment y croire.
Puis tu raccroches.
Con.
Cassé.
Tu n'remets pas l'couvert.
Le truc s'est bien imprimé
su' les pages chiffonnées
d'ta cervelle fouillis.
Tu t'repasses la bande en boucle.
Alle est de retour !
La "Mathilde" est r'venue.
D'là-bas, d'très loin, aux antipodes.
Mais je n'maudis pas la Mathilde.
Même si alle me fait l'mal
d'la chanson.
Elle est là !
Alors oui, du vin, des noces et des festins !
Je crache au ciel encore une fois !
Malgré les abandons, les renoncements,
les espoirs défaits, les humiliations,
les doutes, la cruauté des mots qui
n'sont pas dits.
Le chien de "N'me quitte pas".
L'ombre de son ombre...
Un coup d'Merlot pour faire
passer c'goût d'cyanure qui
m'brûle les papillles.
Et m'ravage les entrailles.
Qui noie dans une sorte de brume
rose c't'e sorte d'apparition.
Puis je m'réveille, d'une secousse,
la bouche papier mâché.
Un rêve, un cauchemar ?
Je r'garde le téléphone.
Y bouge pas.
Normal ?
Je n'provoque pas l'répondeur.
Parfois il a des réactions d'vieux
con.
J'reste dans l'trip qui dit qu'alle
est r'venue.
Pas b'soin d'accusé de réception.

http://www.youtube.com/watch?v=YYX1z7ml6LQ&feature=related


09/11/2008

Elle s'appelle MIMI.

Cinquante-huit balais aux cerises...
Trois chiards étudiants et pas d'mec à la maison.
Un chien aussi, pour lui faire oublier la méchante connerie des humains.
Alle vit en Bretagne...
Un vrai programme électorale.
Elle télé-travaillait.
De la com, un site à gérer et diverses occupations autour du machin.
Depuis deux ans, un contrat "aidé".
Que son employeur n'a pas renouvelé sous des prétextes divers et avariés.
Du style : " On a besoin de quelqu'un sur place (À Pantruche), de réactif...
Un vaste programme...
Pis woualou.
C't'un coup de grelot du Président-employeur qui lui annonce le blot.
Un matin, aprèc l'café et les tartines beurrées (pour combien de temps encore ?)
Tout à fait dans le style des pistoleros d'outre atlantique.
Mais faut dire que c'Président-employeur s'inspire d'un exemple...
Celui du ratus-ratus qui grignote la cagnotte des franchouillards dans son trou Élyséen.
Alors...
Y'a des questions dans la salle ?
Bon, vous m'direz, copains, camarades et amis vous qui sur-fréquentez ce blog débilos,
que tout c'que j'vous raconte à c't'heure, c'est d'un banal éprouvé par des millions d'exemples.
Sauf que c'te maltraitance prend ses aises à la Maison Des Artistes.
Appelée plus communément par ses adhérents, la Vieille ou la MDA.
Une association dite de la loi de 1901.
Créée y'a un d'mi siècle et des toiles d'araignées par des rapinos qui voulaient
aider des confrères dans la mouise.
Une caisse de secours en quelque sorte,
consœur de celles qui sont à l'origine du mouvement syndical.
Y'a... Belle burette.
Voyez ?
Non ?
Je poursuis.
Le bureau de cette association qui compte dans ses rangs,
par deux mon adjudant, une quinzaine de milliers d'adhérents,
est managé par un Président qui a des vapeurs de chairman capitaliste ultra-libéral.
Pas plus, pas moins.
Qui confond, à l'évidence, association et entreprise du CAC Quarante.
Ceci explique donc cela.
Pas très dans la ligne des fondateurs de la MDA !
Et j'me pousse en ajoutant, que comme celle qui "protégeait nos frontières"
lors de la der des der, elle est devenue totalement perméable
à toutes les dérives de l'ambition personnelle.
Dont le Président actuel est amplement pourvu.
Comme son homologue du palais d'l'ÉLYSÉE.
Woualà.
Et l'bureau dans tout çà ?
Comme vous le savez sans doute (Il faut en savoir pour suivre mes divagations),
dans la vie d'une association de  ce type, le bureau contrôle.
Et en prem' les initiatives présidentielles.
Justement pour ne pas laisser un grand chef à plumes
et occasionnellement à poils se la jouer divin.
Ben su' c'coup, y sont tous d'accord les pas beaux.
Le vote pour le vidage de not' MIMI s'est fait à l'unanimité !
Une performance !
Donc, tous copains, tous coquins.
Et personne ne moufte dans le microcosme des Arts plastocs.
Pourtant une toute petite équipe de bras cassés est montée au créneau pour défend' la môme.
Y z'ont envoyé un millier de mails...
Même pas une main de réponses...
Alors pourquoi les coupeurs de têtes du bureau se feraient de la mousse ?
Aussi je vous invite, copains, camarades et amis à bien vouloir noter c't'adresse :
http://paroledartiste.clubdiscussion.net/

D'y passer pour un p'tit tour.
Ça ne coûte pas une thune et vous pourrez vous faire une idée d'la chose.
Éventuellement, mais y'a pas d'obligation, diffuser c't'histoire de tristes cons dans vos alentours.
Et p'têt' que si vous avez assez d'énergie, inventer une offensive.

Aqueu.

Un bras cassé.

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25/04/2008

Igor Kralik

Igor Kralik.

C'soir chuis passé à la Cité Saint-Martin, rue d'l'Arsenal, ousque l'Igor esssposait son travail.
Quelques originaux et un diapo d'une heure et kek, huit cents dessins...
Des traces de la vie d'la rue.
Les tribulations du SDF de Pantruche.
Dans tous ses états.
Des plumes magnifiques.
Du noir griffé.
Dense.
Des couleurs lavées.
Du rehaut.
Un grand chambardement graphique.
Un artiste qui se révèle.
Ouais, comme le papier dans son bain de bromure d'argent.
Lentement, sûrement, l'image monte.
La vache !
Chuis sorti suffoqué.
Plein d'une immense joie !
J'ai côtoyé l'ART.
Brut.
Longtemps que c't'impression d'découvrir le monde n'm'avait pas tatané l'prose.
Tu t'sens indestructib'.
Plus de doute.
Je m'suis cassé de c'lieu ousqu'un bing bang v'nait recréer mon univers.
M'suis coulé dans l'métro à la Bastoche, devant l'Opéra si laid dehors.
Qui m'a bercé jusqu'à Vincennes.
Un bus qui traverse le bois.
Un p'tit trot final et j'me pose.
Déglingué de bonheur.
Et à un mec qui s'étonne que j'cause pas d'l'artiste, d'sa vie d'merde dans la rue, tout c'qui fait l'roman feuilleton pour qu'la bignole s'fasse une ligne ben...
J'me suis même pas posé la question d'savoir s'il fallait ou ne fallait pas évoquer l'Igor SDF.
J'ai rencontré hier le travail d'un artiste.
Bouleversant.
Si puissant qu'il fait oublier l'artiste.
Presque.
Alors l'évocation d'son errance misérab' dans les rues d'Pantruche...
Pour les amateurs de feuilletons misérabilisss.
P'têt', dans quelques années, un bonheur de biographe.
Pour moué, l'œuvre suffit.
Elle me rassasie.
Pas b'soin d'comprend'.
À la lumière noire d'sa vie pourrie.

Chuis satisfait.
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22/04/2008

BEURK !...

Au Honduras, une biennale d'Art contemporain, un "artiste" expose un chien.
Qu'il va laisser mourir de faim.
Là, le temps de l'expo.
C'était l'année dernière.
Il veut récidiver c't'année 2008, avec l'accord des responsables de c't'e manif...
En Allemagne, un "artiste" veut exposer un mourant ou un mort, au gré des possibilités.
Faut pas douter que ces p'tits potes de la camarde ont une foultitude d'arguments pour justifier leurs projets.
La marque de "l'Art contemporain" l'argumentation.
Pas la peine de s'questionner : C'est d'l'Art ?
Qui pourrait y répondre ?
Un sentiment proche d'une forme de dégoût t'fais r'monter la bile des profondeurs de la tripaille.
Sur les photos qui circulent d'l'expo du chien mourant d'faim, les spectateurs semblent s'en taper total d'l'agonie du clébard.
Ils vont et viennent, regardent et passent.
Pasque c'est au Honduras ?
Un d'ces pays exotiques d'Amérique centrale.
Des pas humains ?
Pourtant c'qui s'met en branle chez nos potes d'outre Rhin a'ec c'projet d'expo d'cadavre...
Pas une république ombrée de palmiers.
Alors ?
Quoi ?
Pas l'énergie suffisante pour poursuivre sur ces sujets morbides.
J'vous r'passe lâchement les plats.
Pour le Honduras, y'a une pét' qui circule.
Pour l'Allemagne, pas que j'sache.
Mais quelques lignes sur la situation géographique de c'bousbir.

"Gregor Schneider veut réaliser cette installation particulière dans une salle du musée Haus Lange de Krefeld (ouest de l'Allemagne), un bâtiment édifié de 1928 à 1930 selon les plans de Ludwig Mies van der Rohe."
 

Pour le Honduras :
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