06/03/2009

Y'a des matins...

Y'a des matins tu t'lèves.
Tôt.
Sur les burnes de trois plombes
et quelques.
Tu n'pouvais pas t'rendormir.
Alors pourquoi se r'pagnoter ?
Là-bas, d'laut' côté d'la Marne,
les lumières de Champigny
s'étalent sur tout l'horizon d'la nuit.
Un arb' de Noël.
Magique.
J'vis sans téloche, sans radio,
sans presse écrite.
Quasi carcéral mon blot.
Mais même sans tout c'fourbis
d'blabla, alle manque pas de se
ramener.
L'info tapineuse.
Me d'mande ousqu'il faudrait
s'enterrer pour pas s'gaver
les conneries dégobillées par
l'genre humain.
L'président machin, l'ministre truc,
l'député chose qu'agitent leurs
p't'ites queues roses tire-bouchonnées.
À longueur d'écran, d'antenne,
de papelard.
A'ec la claque habituelle de
fouilles merde.
L'présentateur machin, l'interviewer
truc, le scribouillard chose.
Des téloches aux ordres, des radios
croupions et d'la presse écrite
pute.
Du Monde à Charlie, d'l'Huma au
Figaro en passant par Libé, Marianne
et consorts.
Pas un pour faire briller la Liberté.
Tous pour l'pouvoir.
Personne pour l'peup'.
Ça crève toujours grave, là, tout
en bas.
Ça va bientôt se r'trouver su' l'trottoir
aussi.
Et les r'conduites aux frontières de
la mort, ça roule.
Toujours.
On change le minisss mais pas
la mission.
Et l'rallié socialo, y veut pas qu'son
maît' le r'grette.
Bon chien-chien.
Putentraille de foutre Dieu !
Y'a pus d'gauche, y'a que la drouète !
Et d'la dure.
L'borgne y doit s'frotter l'œil.
Y'a des matins tu t'lèves...
Qu'il faudrait pas.
La journée va êt' longue.