19/07/2009

L'insurrection, c'est quand ?

La Déclaration des droits de l'homme
et du citoyen de 1793 énonce en son article 35 :
« Quand le gouvernement viole
les droits du peuple, l’insurrection est,
pour le peuple et pour chaque portion du peuple,
le plus sacré des droits et le plus indispensable
des devoirs ».

Tu t'réveilles à peine.
T'es là, le cul sur une chaise
devant ton ordi.
Message urgent du RESF.
Tu t'dis merde !
La vache !
C'est un Dimanche matin pourrit.
Y sont tous pourris.
Celui-là l'est un peu plus.
Non, beaucoup plus.
Infiniment plus.
Une pét' à signer.
Un mail à envoyer.
J'ai pas l'courage.
Plus l'courage.
Pardon Juean Ronel SAN LOUIS.
Pardon !
T'sais, c'est pas pasque j'ai peur de
ceci ou de cela, non.
Mais une nausée de toute cette merde.
De cette puanteur d'égout qui nous fait
suffoquer.
Qui s'exhale des contorsions du sieur
Besson, très, très haut commissaire
aux expulsions.
Oui, flic, pas minisss.
Quoique la différence est si ténue.
T'es Juean Ronel un parmi des milliers.
Des millions ?
Aussi important qu'eux tous réunis.
Mais comme j'te dis, chuis paralysé.
Par l'effroi, la honte, de vivre à côté
de toi, de vous tous les expulsés
pour cause de misère et d'audimat
du ministère.
Sans pouvoir faire autre chose que
signer des pétitions.
Je sais, c'est important.
Mais plus pour moi.
Je crois qu'il faut passer à une autre
forme d'action.
Plus radicale.
T'imagines les blaireaux d'la France
de Pétain et d'Laval en train de balancer
des pétitions pour protester contre
les convois de la mort qui tchoutchoutaient
vers l'Allemagne nazie ?...
P'têt' que cela aurait donné une bonne
conscience à l'histoire d'not biau pays.
Mais j'ai comme un doute sur l'efficacité
de la démarche.
Et je ne peux pas empêcher mon esprit
dégradé de comparer c'qui s'passe aujourd'hui
a'ec l'passé que j'évoque plus haut.
Les mêmes rats d'égout sont au pouvoir.
Et y s'font les dents en expulsant, c'est-à-dire
en envoyant vers la mort des êtres humains
sans papier.
Dérisoire.
Sans ce PQ tamponné t'es rien.
Même pas humain.
Drôle de conséquence de l'évolution.
Darwin en serait su' l'fondement.
On dit, par ici, par là, que l'insurrection
se ramène.
Ouaip, mais à un train de sénateur.
Faudrait qu'elle se mette un doigt dans l'prose
l'insurrection.
Qu'alle attende pas qu'on nous ait tous suicidés.
Pasque de c'côté, y s'démènent les bouffeurs
de liberté.
Les déglingueurs de démocratie.
Managés par un p'tit trou d'bitte  mégalomaniaque.
Qui prend son son cul pour une trompette
et sa quéquette pour une sucette.
Mais j'm'emporte, j'm'emporte !...
Non, je hurle à la mort !
J'ai les crocs qui grincent.
Alors copains, camarades, amis,
on s'la fait c't'insurrection !...
Ou alle reste une utopie.
Bien planquée en nos intérieurs mités.
Mais gaffe à ce que notre pusillanimité
ne favorise l'émergence d'un régime
qui après les ratonnades d'aujourd'hui,
assassinera demain une autre, d'autres
Natalya Estemirova.
Plus simple que la concertation.
Là, je dérape carrément.
Vraiment ?

Juean Ronel SAN LOUIS est en cours d’expulsion.
Il sera mis à 12 heures sur un avion à destination
de Point-a-Pitre pour être ensuite conduit en Haïti.
Il aurait du être libéré ce soir à 16h55.
Un avion rempli de touristes et de vacanciers
qui rentrent au pays pour arracher un père à
ses deux enfants, l’idée est jolie, on dirait du
Carla Sarkozy.
Juean Ronel SAN LOUIS est arrivé en France
il y a 8 ans et réside à Colombes (92)
avec sa compagne Cinette.
Le couple a deux enfants nés en France,
Kienly et Kathie. L’aîné, Kienly, entrera
à l’école Buffon en septembre.
Si leur père est expulsé, la mère des deux
enfants et les enfants eux-mêmes se
trouveront dans le dénuement le plus total.
Outre l’inhumanité désolante de ces expulsions,
ce sont des stupidités sans borne : alors que
le père travaillait, nourrissait sa famille et
élevait ses enfants, son expulsion va
gravement traumatiser les enfants et mettre
toute la famille à la charge de la collectivité.  
Inhumains et imbéciles, ce sont les promoteurs
d’une telle politique.

 

 

pochade 073316.jpg

24/03/2009

V'là l'Printemps qui s'ramène !...

Qu'alle me dit une copine qui m'demande
pourquoi qu'j'en cause pas.
Heu...
Ben, twouas, plusque l'temps s'rabougrit,
plusque j'ai rien à dire.
À écrire.
Si, pas d'soucis, j'pense encore un peu.
Que par exemp' j'ai pas l'envie d'causer
dans l'poste.
Ben ouais qu'tu t'réponds en toi-même.
Mais à part ?
Pas grand-chose.
Tiens, si, un truc en magasin.
Sur la dernière pétarade syndicale et
unitaire.
Que j'te liv' copine et néanmoins amie
d'là-haut su' la butte, du côté d'la Place
des Fêtes.
...
La Manif'.

Y z'ont r'commencé leurs
monômes syndicaux !...
Les pauv's glands...
Comme si en crapahutant
su' l'bitume des chefs lieux
d'cantons hexagonaux on
pouvait s'faire bouger les
trous de balles qui pillent
la République.
Accessoirement.
On zappe su' l'droit du travail,
la fliquerie de plus en plus
omni-présente, à quand un
keuf par citoyen?
Demain ?
Et tout l'reste, l'immense reste.
La misère de plus en plus prégnante
pour une part de plus en plus
grande des gens d'ce pays.
Le "déglingage" à une cadence
frénétique des services
publiques, de tous les services
publiques ou de ce qu'il en reste.
Et puis merde, on n'va pas s'infliger
l'pensum de la catastrophe.
Mais encore une fois, de plus,
de plus, on s'pose la question
de la complicité des syndicats, de
leur compromission a'ec les infoutus
salopards qui nous spolient.
En se gavant eux-mêmes un max.
En s'pavanant avec la claque
médiatique qui leur astique
l'poireau.
Si qu'on vous l'dit !
C'est tout juste, exactement d'cette
manière pornographique que tout
ce p'tit monde de mange-merdes
s'entube en rond.
Et nous l'met profond pour
singer l'Égalité qui s'pend aux
frontons des mairies.
La Grève Générale !
Woui !
Et pas aux calendes !
Tout d'suite, sans respirer et perdre
encore du temps.
Qui s'use à force de n'pas servir.
Le maxi bordel !
Plus rien qui roule.
Plus d'bouffe, plus d'pétrole, plus
rien de rien de rien.
Un silence asphyxiant.
Tchao les week-ends dans la datcha
d'cambrousse.
Au cul la téloche et ses émissions
pour débiles profonds !
Pis plus d'cinoche, plus d'boîte
ousqu'on s'agite le prose en
cadence.
Des Samedis soirs sous la couette...
Hu ! Hu !
Et d'une durée illimitée.
Pas pour faire peur, mais pour de vrai !
Tant que c'te mafia occupera les palais
d'la République, on tiendra !
Wouala !
Sans nous, ils ne sont rien, que dalle,
balpo, peau de balle et balais de crin !
Alors vite les meufs, les mecs, virons les !
Tout d'suite.
TOUT D'SUITE !!!

Voili Sarah.
Et merci pour la piquouse de rappel.