14/03/2010

L'ombre de ton ombre.

L'amour est cette ombre
parfumée qui ne vous
quitte jamais. Vivre ce lien
comme si l'autre était
l'ombre vivante de soi et
soi l'ombre vivante de l'autre.


Hafid  Aggoune

Qui s'est tirée, un soir.
Je crois.
Plus accueillant aux
agonisants que les
petits matins qui les
cramponnent pour le
dernier convoi drivé
par la Camarde.
Ouais, c'était un soir,
pas un matin.
Un soir.
À la Sorgue.
J't'ai d'mandé, mais
p't'êt' pas, j'sais pas,
j'sais plus...
- Laisse moi d'venir
l'omb' de ton omb',
l'omb'.
Qu'un poète chante.
Chantait.
Mais t'as pas voulu.
Pourtant j'pense pas
que j't'ai chanté l'poème.
P'têt' que j'lai pensé.
Mais t'as dit non !
Non, non, non.
Pourtant d'venir l'omb'
d'une omb'.
J'vois pas l'souci.
Encore ton omb', oui,
c'est la tienne.
Mais l'omb' de ton omb',
c'est plus à toi.
C'est à ton, omb'.
Et j'me d'mande si tu
lui as posé la question
d'savoir si ça lui f'sait
des magnes qu'un mec
soit son omb' ?
À l'omb' de ton omb'.
Twouas ?
Mais bon j'me suis
r'trouvé con, sans ton
omb' et son omb' dans
mon omb'.
Et triste.
Et paumé.
Largué.
Et d'puis j'pose la question
à toutes les omb's des omb's
que j'croise avec mon omb'.
Pour dire.
J'attends pas une réponse.
Je passe.
Je m'cramponne au souv'nir.
Même pas mal !
Non, j'pleure pas !
C'est rien qu'une irritation
qui excite mes glandes
lacrymales.
Un truc d'ophtalmo.
Pas besoin de gouttes.
Un revers de main efface
le mouillé qui balaf' les joues.
Oui, je souris.
Oui, je ris.
Non, j'me roule pas su' la
moquette.
Qu'alle est pourrie.
C'est un  rire contenu.
Bien élevé.
J'me r'tourne vers les
ombres qui s'tirent là-bas,
su' l'trottoir gris.
Et qui s'planquent d'un coup.
Effacées du paysage.
Tiens, chuis arrivé.
J'bois un coup.
À l'omb' de l'omb' de ton omb' !
Comme quand on offre une
tournée au rade.
J'lève mon verre.
Vide.
Pis j'ferme les yeux.
Pis...
J'ai r'trouvé c't'omb'
de dessin.
L'soir ou alle s'est tirée,
l'omb'.
Son omb' collée au train.
J'le r'garde.

l'omb' de son omb' 2403.jpg

09/03/2009

Y'a des soirs...

T'attends rien, plus rien.
La journée s'est faite la paire.
En laissant su' l'gravier d'ta
tronche les bois flottés
d'souvenirs déjà presque
effacés.
T'es là, l'prose calé dans un
fauteuil, affalé.
Pas encore de bulles au
coin d'la lippe, mais
pas de soucis, alles
vont s'ramener.
Encore quelques années.
Et elles vont t'cramponner.
Un long blabla a'ec une copine.
Puis tu raccroches l'bigo.
Y'avait vers la fin d'l'entretien
des p'tits coups d'drelin dans
l'fond d'l'écouteur.
Pour ça qu't'as raccroché.
Pour voir, tu composes l'numéro
du répondeur.
- Bonsoir c'est...
C'était ça l'zin-zin qu'agaçait
l'tympan.
une voix oubliée qui surfait
su' les ondes.
T'écoutes le message.
Sans vraiment y croire.
Puis tu raccroches.
Con.
Cassé.
Tu n'remets pas l'couvert.
Le truc s'est bien imprimé
su' les pages chiffonnées
d'ta cervelle fouillis.
Tu t'repasses la bande en boucle.
Alle est de retour !
La "Mathilde" est r'venue.
D'là-bas, d'très loin, aux antipodes.
Mais je n'maudis pas la Mathilde.
Même si alle me fait l'mal
d'la chanson.
Elle est là !
Alors oui, du vin, des noces et des festins !
Je crache au ciel encore une fois !
Malgré les abandons, les renoncements,
les espoirs défaits, les humiliations,
les doutes, la cruauté des mots qui
n'sont pas dits.
Le chien de "N'me quitte pas".
L'ombre de son ombre...
Un coup d'Merlot pour faire
passer c'goût d'cyanure qui
m'brûle les papillles.
Et m'ravage les entrailles.
Qui noie dans une sorte de brume
rose c't'e sorte d'apparition.
Puis je m'réveille, d'une secousse,
la bouche papier mâché.
Un rêve, un cauchemar ?
Je r'garde le téléphone.
Y bouge pas.
Normal ?
Je n'provoque pas l'répondeur.
Parfois il a des réactions d'vieux
con.
J'reste dans l'trip qui dit qu'alle
est r'venue.
Pas b'soin d'accusé de réception.

http://www.youtube.com/watch?v=YYX1z7ml6LQ&feature=related