31/12/2009
Un jeune marginal tué...
Par quatre vigiles d'une usine à bouffe
de la capitale des Gaules...
La cage thoracique écrabouillée, mort
étouffé !...
Pour un larcin à deux balles.
Un marginal...
Normal.
Dans un pays qui expulse vers des pays
en guerre des pauvres cons de réfugiés
politiques.
Qui expulse vers des pays de famine, des
dictatures sanglantes, des familles entières
auparavant bouclées dans des camps de con-
centration baptisés, c'est plusss mieux,
camps de rétention...
Que des tontons macoutes violent l'espace
scolaire pour y enlever des minots qui vont
gaver des charters de la mort...
Que des milliers d'hommes, de femmes, de
chiards en écrasent à la belle étoile.
Qu'on meurt de froid dans la rue.
Que des millions sont sans taf.
Que, que, que...
Alors un jeune marginal qui crève étouffé sous
le poids de quatre vigiles...
Un fait divers de rien.
Vite annoncé aux news matinales.
Et qui va s'embourber encore plus vite dans
nos mémoires fangeuses.
Merci, les mecs qui croient nous gouverner !
On est reconnaissant pour tout le chagrin que
vous vous tortorez pour nous assurer un
présent radieux !...
Pas de soucis, votre réélection est en marche !...
Des siècles de rapines, d'holocaustes, nous
ont façonné un moral d'acier.
On aime bien se faire botter l'cul !
Et encore plus regarder le spectacle hilarant
de moins que rien qui se font encore plus
tataner.
Alors, étouffé par des vigiles ou par votre poli-
tique qui fait de la Camarde son porte flingue
en chef...
Quelle différence ?
Les palais de la république seront toujours
squattés par vos insuffisances.
C'est la vie comme on dit.
Dans vos soirées crapuleuses.
Des pauvres cons d'nous aut's...
Bonne annnée !

08:04 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : vigiles, camp de rétention, de concentration, charter, mort
28/07/2009
Les ricanements de la Camarde.
Nicolas Sarkozy devait passer
la nuit au Val-de-Grâce où il a été
hospitalisé dimanche après
"un malaise" survenu lors d'un
footing à Versailles, mais il "va bien",
selon l'Elysée.
Merde !
Pas de pot !
Faut dire que la course à pieds...
Dans le parc de Versailles...
C'n'est pas tout-à-fait l'même turbin
qu'une course à l'échalotte entre
les blocs d'habitations bétons
de Nanterre ou d'la Couneuve.
Faut se farcir le vertige des grands
espaces dessinés par Dédé Le Nôt'..
Pis y'a l'poids d'l'histoire.
Louis XIV et tout ça.
Un court sur patte aussi ?
Oui pour les uns, non pour
les autres.
Mais comme on n'sait pas qui
ils sont.
Il faut rester sur une prudente réserve.
Probable des pros et des antis.
M'enfin, c'malaise qui n'est PAS
cardiaque, surtout PAS, aux dires de
la faculté et du porte paroles
du palais d'l'Élysée.
Qui s'est probab' fait remonter grave
les bretelles pour avoir évoqué une
défaillance cardiaque de rase bitume.
NON, m'sieur l'porte blabla, le conducator
n'a pas c'te viscère musculaire qu'on
appelle le cœur.
C't'un androïde.
Inusable.
Qu'on va se gaver jusqu'à c'que not'
mort s'ensuive.
Ce soit-disant malaise n'est qu'une
diversion d'plus pour nous égarer.
La grosse merde économique et ses
conséquences sociales, faut faire
beaucoup de fumée pour les faire
oublier.
Pis faut toujours êt' à la une !
Incontournab'.
Que même qu'il paraît que sa couineuse
s'est ramenée au cul d'un motard
de la maison bourre-pif pour "secourir"
son p'tit bout.
D'quoi on se l'demande.
Pis qu'un hélico a pelleté jusqu'à elle
pour l'emmener à l'hosto d'la grande muette
ousque le malade imaginaire a été transporté.
Par un autre hélico.
Coût de c't'opération d'transport pas commun.
D'quoi nourrir une famille élargie de sans-papier
durant au moins...
Non, pas la peine d'avancer des chiffres.
Laissez faire vot' imagination.
Plus sûr.
Palpitante la vie dans not' biau pays.
Non ?

07:45 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : mort, cardiaque, président, versailles
10/03/2009
La mort du Loup.
Je m'souviens...
D'avoir appris cette poésie,
enfant, à l'école.
Qui m'avait terriblement
bouleversé.
Qui m'a obsédé, longtemps.
Adulte elle revient m'visiter.
M'rappeler cette mort stoïque.
Sans un cri.
Ignorante du sort de l'homme.
Du tueur armé de fer et de feu.
Du corps transpercé et surtout
de la bête noble qui fait sa
toilette avant de saluer la mort.
En léchant le sang de ses
blessures.
Comme le sort que l'on fait aux
peuples aujourd'hui.
Ici et ailleurs.
Partout dans ce monde décomposé.
Qui refoule l'odeur pourrie d'la mort.
Des idées, d'la liberté, d'l'avenir.
Mutilé par les pouvoirs de l'argent,
de la politique et des religions.
Et les peuples à l'agonie lèchent
leurs plaies en silence.
Sans un regard vers leurs bourreaux.
Pourtant, on a vu, derrière le rideau
de cette scène d'effroi, des ombres
se profiler.
Un mouvement se faire.
Le Rideau s'entrouvrir doucement,
comme hésitant.
Une main pâle apparaître, refermée
en poing et se dresser, hautaine.
Menaçante.
Gaffe à vos grasses bedaines les
ventres mous, les visages pâles
du dégoût.
Le loup a laissé son héritage.
Une femelle et ses deux louveteaux.
Qui se sont alliés, se sont aimés, se
sont refaits en nombreuses, en
innombrables portées.
Qui sont prêtes à vous bouffer !
Sans quartier !
La mort du Loup
Les nuages couraient sur la lune enflammée
Comme sur l'incendie on voit fuir la fumée,
Et les bois étaient noirs jusques à l'horizon.
Nous marchions sans parler, dans l'humide gazon,
Dans la bruyère épaisse et dans les hautes brandes,
Lorsque, sous des sapins pareils à ceux des Landes,
Nous avons aperçus les grands ongles marqués
Par les loups voyageurs que nous avions traqués.
Nous avons écouté, retenant notre haleine
Et le pas suspendu. -- Ni le bois, ni la plaine
Ne poussait un soupir dans les airs; Seulement
La girouette en deuil criait au firmament;
Car le vent élevé bien au dessus des terres,
N'effleurait de ses pieds que les tours solitaires,
Et les chênes d'en-bas, contre les rocs penchés,
Sur leurs coudes semblaient endormis et couchés.
Rien ne bruissait donc, lorsque baissant la tête,
Le plus vieux des chasseurs qui s'étaient mis en quête
A regardé le sable en s'y couchant; Bientôt,
Lui que jamais ici on ne vit en défaut,
A déclaré tout bas que ces marques récentes
Annonçait la démarche et les griffes puissantes
De deux grands loups-cerviers et de deux louveteaux.
Nous avons tous alors préparé nos couteaux,
Et, cachant nos fusils et leurs lueurs trop blanches,
Nous allions pas à pas en écartant les branches.
Trois s'arrêtent, et moi, cherchant ce qu'ils voyaient,
J'aperçois tout à coup deux yeux qui flamboyaient,
Et je vois au delà quatre formes légères
Qui dansaient sous la lune au milieu des bruyères,
Comme font chaque jour, à grand bruit sous nos yeux,
Quand le maître revient, les lévriers joyeux.
Leur forme était semblable et semblable la danse;
Mais les enfants du loup se jouaient en silence,
Sachant bien qu'à deux pas, ne dormant qu'à demi,
Se couche dans ses murs l'homme, leur ennemi.
Le père était debout, et plus loin, contre un arbre,
Sa louve reposait comme celle de marbre
Qu'adorait les romains, et dont les flancs velus
Couvaient les demi-dieux Rémus et Romulus.
Le Loup vient et s'assied, les deux jambes dressées,
Par leurs ongles crochus dans le sable enfoncées.
Il s'est jugé perdu, puisqu'il était surpris,
Sa retraite coupée et tous ses chemins pris,
Alors il a saisi, dans sa gueule brûlante,
Du chien le plus hardi la gorge pantelante,
Et n'a pas desserré ses mâchoires de fer,
Malgré nos coups de feu, qui traversaient sa chair,
Et nos couteaux aigus qui, comme des tenailles,
Se croisaient en plongeant dans ses larges entrailles,
Jusqu'au dernier moment où le chien étranglé,
Mort longtemps avant lui, sous ses pieds a roulé.
Le Loup le quitte alors et puis il nous regarde.
Les couteaux lui restaient au flanc jusqu'à la garde,
Le clouaient au gazon tout baigné dans son sang;
Nos fusils l'entouraient en sinistre croissant.
Il nous regarde encore, ensuite il se recouche,
Tout en léchant le sang répandu sur sa bouche,
Et, sans daigner savoir comment il a péri,
Refermant ses grands yeux, meurt sans jeter un cri.
J'ai reposé mon front sur mon fusil sans poudre,
Me prenant à penser, et n'ai pu me résoudre
A poursuivre sa Louve et ses fils qui, tous trois,
Avaient voulu l'attendre, et, comme je le crois,
Sans ses deux louveteaux, la belle et sombre veuve
Ne l'eut pas laissé seul subir la grande épreuve;
Mais son devoir était de les sauver, afin
De pouvoir leur apprendre à bien souffrir la faim,
A ne jamais entrer dans le pacte des villes,
Que l'homme a fait avec les animaux serviles
Qui chassent devant lui, pour avoir le coucher,
Les premiers possesseurs du bois et du rocher.
Hélas! ai-je pensé, malgré ce grand nom d'Hommes,
Que j'ai honte de nous , débiles que nous sommes!
Comment on doit quitter la vie et tous ses maux,
C'est vous qui le savez sublimes animaux.
A voir ce que l'on fut sur terre et ce qu'on laisse,
Seul le silence est grand; tout le reste est faiblesse.
--Ah! je t'ai bien compris, sauvage voyageur,
Et ton dernier regard m'est allé jusqu'au coeur.
Il disait: " Si tu peux, fais que ton âme arrive,
A force de rester studieuse et pensive,
Jusqu'à ce haut degré de stoïque fierté
Où, naissant dans les bois, j'ai tout d'abord monté.
Gémir, pleurer prier est également lâche.
Fais énergiquement ta longue et lourde tâche
Dans la voie où le sort a voulu t'appeler,
Puis, après, comme moi, souffre et meurs sans parler."
Alfred de Vigny
08:48 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : loup, mort, blessure, pourriture
