11/10/2009
Ravachol où qu't'es ?
Que peut-il faire celui qui manque du nécessaire en travaillant, s'il vient à chômer ? Il n'a qu'à se laisser mourir de faim. Alors on jettera quelques paroles de pitié sur son cadavre. C'est ce que j'ai voulu laisser à d'autres. J'ai préféré me faire contrebandier, faux monnayeur, voleur, meurtrier et assassin. J'aurais pu mendier : c'est dégradant et lâche et même puni par vos lois qui font un délit de la misère. Si tous les nécessiteux, au lieu d'attendre, prenaient où il y a et par n'importe quel moyen, les satisfaits comprendraient peut-être plus vite qu'il y a danger à vouloir consacrer l'état social actuel, où l'inquiétude est permanente et la vie menacée à chaque instant.
François Claudius Kœnigstein-Ravachol.
Extrait du discours qu'il a prononcé lors de son procès en Juin 1892 et où il fût condamné
à la décapitation.
Étrange l'actualité de ce texte.
Que les politcards de tous poils seraient bien inspirés de lire et de relire.
Mais il y a peu de chance qu'ils s'astreignent à cette lecture.
Ils préfèrent continuer à se gaver alors que dans les rues d'ce biau pays,
on crève en silence.
On enferme aussi en silence.
On tabasse aussi en silence.
On licencie en silence.
On bafoue l'humanité en silence.
À grands coup d'torchons de lois iniques.
Qui détruisent le code du travail, qui démantèlent
les services publiques, qui se torchent le prose
de la Liberté, de l'Égalité et de la Fraternité.
En raflant les sans papiers femmes, enfants, époux,
pour les envoyer crever là-bas, au large, pas de ça chez-nous !
Dans leur pays d'origine, en guerre comme l'Afganisthan
en Afrique ou la Camarde à la tronche pas fraîche
de la misère la plus crade.
Taïaut ! Taïaut ! Taïaut !
La meute continue la chasse à courre.
Députés, sénateurs, et ministres, notables de tous poils,
financiers, responsables d'entreprises, forces de l'ordre...
Aux ordres d'un trou d'balle qui s'prend pour Alexandre
le Grand.
Au moins.
Alors que sans la talonnette secourable, sa hauteur
se ratatine au niveau du caniveau.
Tous au cul du pauvre con sans toit, sans bouffe, assurés
d'ordinaire par le paiement d'un salaire.
Cinq millions de chômeurs, ça fait du monde.
Pour alimenter la peur de ceux qui passent entre les mailles
du filet de l'exclusion.
Et les rendre dociles, muets, exploitables à merci.
Et pas d'Ravachol dans l'paysage pour remettre un tout
petit peu les pendules à une heure plus humaine.
Mais pas de souci, y va se ramener l'prochain allumeur
de réverbère.
Retenez vot' respiration les gras, les "grands" et les méchants
exploiteurs de notre faiblesse.
Qui prend le temps et la mesure de vot' futur costard en
sapin.

15:20 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : décapitation, députés, ministres, police
