24/10/2007

Cons d'artistes (soliloques)

Quelques malins, diplômés, pensent contourner la chose en professant. La bonne gâche qui permet d’assurer la matérielle sans trop se faire de mousse. Guette l’embourgeoisement qui s’installe insidieusement au chevet du titularisé. Et pourquoi, objectez-vous à l’intérieur de vous-même, que l’embourgeoisement risque, comme semble le sous-entendre, la tournure de la phrase précédant celle-ci ?
Heu…, t’es censé lire lecteur mutin, et tes questions obligent le copiste besogneux, commis à la rédaction de ce texte débile, de se déchirer pour y répondre.
Ben, hormis le confort de la charge, le professorat, surtout en secondaire et en milieu défavorisé, zone d’éducation prioritaire, requiert une certaine dépense d’énergie et à terme, prive l’artiste en état d’hibernation sous la défroque de l’enseignant, de ses facultés créatives.
La véritable création bouffe du tonus à profusion et c’est une sale égoïste qui ne supporte pas le partage. L’imagination, l’inventivité, l’originalité ne se pointent pas à heures fixes dans le bocal crânien de l’artiste, mais quand, après beaucoup de macérations, d’offrandes multiples aux muses espiègles pour qu’elles ramènent leur science, d’invocations et d’imprécations, ces trois grâces toquent à l’huis il faut répondre - entrez ! la porte est ouverte ! - Tout de suite, sans respirer, en tombant à genou, hibou, caillou, chou.
Si à ce moment bénit du grand architecte, tu rames dans le préfabriqué d’un groupe scolaire merdique, la moelle pompée par des chiards qui n’ont rien à battre de ta prestation, le train passe et tu restes sur le quai.
Cette scène pitoyable répétée en litanie, l’artiste salarié se rabougrit et son adresse, peu à peu s’efface, sur l’agenda de l’inspiration.
Et un artiste de moins, un !
On se sent plus à l’aise, on est moins tassé.
Et quand il ne restera plus que les faiseurs institutionnels, ceux qui, actuellement, sont déjà les seuls à profiter du "système", les décideurs de riens pourront en écraser, tranquilles.
La Maison des artistes, la plus importante association les regroupant, squatte deux ou trois modestes bureaux dans l’hôtel de Rothschild, rue Berryer, à Paris.
Environ quinze mille adhérents à c’t’heure et une triplette de locaux à la surface corrigée faiblarde pour l’administration de cette foultitude.
Une assistante pour le, grand chef à plume, deux secrétaires et ça roule.
Cette Maison, qui émerge des limbes quelques années après le dernier massacre mondial, se gratte les miches pour aider les artistes indigents. Un bon trip, rien à dire ni à redire sauf que ; aujourd’hui, le nombre pléthorique d’adhérents, suscite la convoitise de séides de l’administration, qui met périodiquement en danger la mémé.
Et encore plus curieusement, ce sont des syndicats de plasticiens qui tentent l’OPA.
Les dernières manœuvres d’abordage en date ont mis la MDA sous la tutelle d’une administratrice judiciaire durant une longue année. Les honoraires de cette bouffeuse de thunes, appliqués à une multinationale en redressement, ratatinent les comptes de la vieille baraque au niveau du compte d’épargne populaire d’une famille de smicards.
La question qui te les gèle :
Pourquoi t’est-ce qu’un syndicat, dans ce cas d’école, le Snap cgt, veut-il phagocyter la bonne mère ?
Et pourquoi sa tête de pont, un zozo qui se répand dans les colonnes par deux des médias de la gauche à droite et demi-tour et qui fait son beurre artistique dans l’amoncellement d’éponges Spontex multicolores a t-il sollicité le suffrage des adhérents à l’élection pour le renouvellement du CA, résultat qu’il conteste car le vote par correspondance n’est pas inscrit dans les statuts et qu’il s’est piteusement ramassé…, tout ça !

(À suivre)

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