20/02/2007

ARTISTE ET SDF

Banal.
Là aussi.
On l’a rencontré, le teint frais, bien rasé, propre sur lui et d’une vitalité à foutre le tournis.
Il pieute à la "Mie de pain", y prend son souper et le petit-déjeuner.
Les nuits sont agitées.
Pour bien dormir, il s’obstrue les esgourdes avec des boules molles.
Nous ne faisons pas de pub.
Il se douche aux bains municipaux, très propres.
Et occupe ses journées à dessiner au Louvres, à compulser des bouquins d’art et à croquer dans des bibliothèques.
Il fréquente aussi les restos du cœur et parfois turbine pour des particuliers.
Des petits boulots pour ses fastueuses dépenses.
Avant de trouver un abri, un lit, il squattait la rue.
Des rigolos ont foutu le feu à son duvet.
Il s’en est extrait avant de finir comme un bonze allumé.
Une espièglerie de fêtards.
Qui, en sortant de leur discothèque favorite, le pif mité par la coke : "Tiens les mecs, si on se faisait un pouilleux !"
Il évoque ce fait-divers avec distance.
Il sait "qu’il va s’en sortir".
Il a toujours bossé et parfois bien gagné sa vie.
Sa famille est aisée, mais il ne sollicite pas son aide.
Aucune plainte, aucun grief.
Et, une mine d’infos "sur ceux que la société rejette".
Et son scepticisme à propos de l’action des Enfants de don Quichotte.
Qui perturbe gravement ses camarades de misère.
Et que nous partageons.
En ces périodes confuses de surenchères électorales.
Pour rester soft.
Un exemple, Igor, un pied de nez aux artistes nantis qui pleurent sur leur sort enviable.
Ceux qui ont des ateliers et qui ignorent tout du vrai dénuement, de la précarité absolue.
Ha ! Ha ! Ha !



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